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À fleur de nouveauté

Lydie Dufour a toujours cultivé son goût pour la recherche. Ingénieure horticole, elle a finalement été cueillie par l’agroforesterie au sein de l’unité System à l’Inra de Montpellier. Elle plante le décor d’un parcours parsemé d’une volonté de débroussailler les champs encore peu explorés.

Lydie Dufour sur le terrain, assistante ingénieure à l'UMR System de Montpellier. © INRA, C. Maître
Par Julie Cheriguene
Mis à jour le 03/07/2017
Publié le 10/02/2015

La conviction de faire quelque chose d’utile

Lydie Dufour sait saisir les opportunités quand elles se présentent. Elle croise pour la première fois la route de l’Inra en Guadeloupe en 1982, après avoir suivi son mari, volontaire à l’aide technique (VAT) pour un an sur le centre. Elle travaille alors sur les relations plantes-insectes entre ignames et fourmis maniocs. En 1986, un DEA Sciences et technologie en productions végétales sur la luzerne en poche, elle repart cette fois-ci seule à la Réunion pour 3 ans, où elle retrouve ses premières amours, l’horticulture, au Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles de Saint-Joseph. « J’étais principalement chargée de la formation en horticulture pour les classes de BEP et CAP, mais j’ai également mis en place l’exploitation horticole de la structure, j’étais aussi responsable de programmes d’expérimentation ». Elle reconnaît que l’enseignement n’a pas sa préférence : « la recherche me plait beaucoup plus : en travaillant pour améliorer l’environnement ou les productions agricoles, j’ai la conviction de faire quelque chose d’utile. Il y a sans cesse de nouvelles choses à découvrir, on est continuellement stimulé ».

L’horticulture tropicale se précise

Une vocation qui se confirme à son retour en Guadeloupe en 1993, où elle s’installe avec son mari et ses enfants cette fois-ci pour 10 ans. Recrutée en tant qu’assistante ingénieure, elle est responsable du programme de recherches en horticulture à la station expérimentale Agropédoclimatique de la zone Caraïbe.
Elle s’intéresse plus particulièrement à la fleur horticole tropicale Anthurium andreanum. L’objectif de ses travaux : produire des fleurs de qualité et en quantité suffisante. Sollicité par un ancien professeur, elle saisit sa chance et s’inscrit en parallèle à l’Université d’Angers pour faire un doctorat sur l’élaboration du rendement en fleur coupée de l’Anthurium andreanum cultivée hors sol et sous abri en milieu tropical. « À l’époque j’étais assez isolée dans mon domaine, c’était l’occasion de travailler en réseau et de valoriser mon activité ». Ses travaux la conduisent à mettre au point un nouveau tunnel avec ombrage permettant de recycler les excès de solution nutritive apportée aux plantes, qui seront réinjectés en circuit fermé. Une installation expérimentale financée par un contrat État-région dont les équipes sur place profiteront pour lui demander de faire des expérimentations sur la nutrition minérale du maïs.

Le changement climatique s’expérimente au champ

À son retour en France, toute la famille s’installe à Montpellier : « le support agroforesterie m’a tout de suite intéressée, c’était un peu éloigné de mes thématiques, mais prometteur. Les premières parcelles avaient été plantées en 1995, tout restait à faire ». Elle contacte directement le Directeur d’unité et rejoint l’UMR System (1) en 2002.
Lydie Dufour a un œil sur tout. Responsable des expérimentations en agroforesterie et de l’équipe technique, elle gère les budgets des projets en cours. Elle occupe aussi la place d’animatrice qualité, « une fonction peu convoitée et un peu ingrate ! » s’amuse-t-elle à dire. « J’aime cet aspect polyvalent de mon poste, je me sens très libre au quotidien, je gère moi-même mes contraintes ».
Lydie Dufour a souvent un pied sur le terrain. D’avril à juillet, c’est la période de pointe. Elle fait des mesures de rayonnement pour évaluer l’ombrage des arbres sur les cultures et sur leur rendement. En hiver, elle compare la croissance des arbres associés ou non à des cultures : « globalement on produit plus sur les parcelles mélangeant arbres/cultures grâce à une croissance plus importante des arbres, d’où l’importance de suivre finement cette croissance, année après année, particulièrement dans un contexte de changement climatique ». Introduction d’arbres ou de cultures fixateurs d’azote, stockage du carbone dans les couches profondes du sol, production de bois-énergie, « chaque projet porte ses nouvelles questions de recherche ! »
Lydie Dufour a de la suite dans les idées. Dans son viseur : adapter à l’agroforesterie une base de données utilisée pour les expérimentations sur la vigne-enherbée. Accessible aux chercheurs, cette nouvelle base permettra de tirer parti des données accumulées depuis 1995 : « Les premiers travaux sur l’agroforesterie et le changement climatique relevaient de la modélisation. La thématique pourra désormais être abordée sous l’aspect de l’expérimentation ».

Lydie Dufour sur le terrain. © Inra, C. Maître
Lydie Dufour sur le terrain. © Inra, C. Maître

(1) Inra – Cirad – Montpellier Supagro

Et l’Inra ?

« L’Inra a un rôle important : on y fait du bon boulot, c’est satisfaisant d’être dans un cadre où ça fonctionne. J’arrive au travail en souriant, je fais ce qui m’intéresse de façon assez autonome, et cette impression de liberté est primordiale pour moi. »

Mini-cv

  • 57 ans, mariée, 2 enfants
  • 1981 : Ingénieure en horticulture, Institut national horticole, Angers
  • 1986 : DEA Sciences et technologie en productions végétales
  • 2001 : Doctorat en sciences agronomiques, Université d’Angers
  • Passionnée par l’équitation depuis l’âge de 13 ans, elle est juge dans les concours hippiques