Des plantes plus fortes face au stress

Depuis 2015, Julien Lang est chercheur au sein de l’Institut des sciences des plantes de Paris-Saclay (1) à Gif-sur-Yvette. Il étudie les moyens d’améliorer la résistance des plantes aux agressions.

Julien Lang. © Inra
Par Emmanuelle Manck
Mis à jour le 03/07/2017
Publié le 09/03/2016

Julien Lang s’intéresse en particulier aux interactions plantes/bactéries et aux processus d’adaptation des organismes vivants aux contraintes de leur environnement. Actuellement, il étudie des protéines végétales appelées MAPKs (Mitogen Activated Protein Kinase). Les MAPKs jouent un rôle important dans la transmission et l’intégration de signaux de stress, qu’ils soient causés par des germes ou des insectes, par la sécheresse ou la salinité du sol. 

À la découverte des enzymes clé de la résistance des plantes

Comprendre des mécanismes naturels pour les optimiser

« Dans notre équipe, nous travaillons avec différents modèles. Pour les stress biotiques nous utilisons des bactéries telles que Pseudomonas syringae et Agrobacterium tumefaciens ou le champignon Botrytis cinerea », explique Julien Lang. « Pour analyser les  réponses de la plante, nous travaillons  principalement avec l’espèce modèle Arabidopsis thaliana pour laquelle il existe de nombreux outils d’étude moléculaires et génétiques. Nous créons également des MAPKs constitutivement actives, c’est-à-dire capables d'activer une signalisation de stress sans présence de stress, pour mieux étudier les réseaux génétiques impliquant les MAPKs. Au-delà de cette recherche fondamentale, nous essayons de savoir si l’on pourrait utiliser ces MAPKs actives pour améliorer la résistance de lignées végétales d’importance économique ».

Un parcours « non-linéaire » à travers différentes sciences

Le jeune chercheur a entrepris des études de biologie végétale après des études de physique-chimie et… de lettres. Selon lui, cet éclectisme témoigne de son « esprit de liberté » et  de sa « curiosité ». « Cela relève peut-être aussi d’un accident de vie, à l’image de l’accident de la circulation qui a causé mon handicap », ajoute Julien Lang. Les séquelles d’un traumatisme laryngé gênent encore le chercheur pour la communication orale. « Mon parcours vient aussi d’heureuses opportunités, comme ce stage de maîtrise en chimie à New York durant lequel un post-doc’ m'a fait découvrir avec talent la biologie moléculaire des plantes ».  

Julien Lang a obtenu son poste actuel à l’Inra suite à une campagne de recrutement Handicap en 2015. Si sa reconnaissance en qualité de travailleur handicapé n’a pas impliqué d’équipement technique particulier, elle lui a permis d’apaiser les craintes de situations embarrassantes pour mieux se consacrer à ses recherches : « J’ai pu expliquer clairement la nature de mes difficultés et susciter une véritable compréhension auprès de mes collègues ».

(1) Équipe Analyse des signalisations MAP Kinase en réponse aux stress biotiques et abiotiques, Institut des sciences des plantes de Paris-Saclay (CNRS – Inra – Université d’Evry – Université Paris Diderot – Université Paris Sud)

Mini-CV

  • 39 ans, 2 enfants
  • Doctorat en sciences du végétal (université Paris-Sud XI) en 2013
  • DEA en biologie moléculaire et cellulaire (université de Strasbourg) en 2005
  • Maitrise en physique-chimie (faculté des sciences et technologies, Mulhouse) en 2004
  • Maitrise en lettres (université de Mulhouse) en 2001