La phylogénie, le rongeur et le virologue

Depuis janvier 2013, Guillaume Castel est chargé de recherche au Centre de biologie pour la gestion des populations à l’Inra de Montpellier. Il travaille sur la phylogénie des Hantavirus, responsables de fièvre hémorragique chez l’homme.

Guillaume Castel. © INRA, Inra
Mis à jour le 19/06/2017
Publié le 28/04/2014

« Sortir » mes recherches du laboratoire

Guillaume Castel façonne des arbres… Phylogénétiques. Depuis son arrivée au Centre de biologie pour la gestion des populations en janvier 2013 à l’Inra de Montpellier, il se consacre à la phylogénie - l’étude de la généalogie - des hantavirus, virus responsables de fièvre hémorragique chez l’homme. Le virus, hébergé et transmis par des rongeurs, infecte en moyenne entre 50 et 200 personnes en France chaque année (surement plus qui ne sont pas diagnostiqués). Ce biologiste de 31 ans enquête sur leur diversité génétique et cherche à en reconstituer l’évolution. Cela lui permettra, à terme, de cerner les facteurs environnementaux qui influencent l’évolution du virus afin d’en prédire sa propagation. « Nous essayons de comprendre pourquoi dans le nord de la France, contrairement au sud, le virus ne se développe pas chez l’homme. Mon équipe piège sous différents climats et environnements (forêts, prairies….) des rongeurs, essentiellement les campagnols roussâtres qui sont en France le principal vecteur de transmission. On organise ensuite des prélèvements sanguins sur ces rongeurs et on analyse la génétique des virus présents et notamment les hantavirus », explique Guillaume Castel.

Du virologue au généalogiste

Après un Master de virologie, il réalise une thèse, puis un post-doc à l’Institut Pasteur. Il travaille en laboratoire sur la « virologie humide » à la paillasse. Les suites d’une méningite le contraignant à marcher avec des béquilles et lui interdisant de se faire vacciner, le travail en laboratoire sur des virus, son métier jusqu’à présent, lui devient fortement contre-indiqué. « Si je voulais continuer dans la recherche, il me fallait changer de domaine et quitter le laboratoire. » Recruté sur projet par l’Inra, intéressé par ses compétences et ses collaborations dans le domaine de la virologie, le jeune homme découvre… le sud : « j’aspirai depuis longtemps à rejoindre les équipes de Montpellier travaillant sur l’évolution virale », et s’initie à ses nouvelles thématiques de recherches. Installé dans un bureau aménagé pour ses besoins, il travaille dans une grosse équipe de 80 permanents dont une quarantaine de chercheurs dans des domaines aussi divers que la virologie, l’écologie, les statistiques ou la génétique des populations. « J’ai dû réapprendre un autre métier ! Mon intégration a été efficace. L’Inra m’a facilité l’accès à la formation en interne sur les techniques nécessaires, complété par trois semaines à l’université, 15 jours d’application à l’extérieur et un à deux mois sur des logiciels de phylogénie». Cette reconversion lui permet d’aborder d’une nouvelle façon la virologie, « une ouverture sur le monde extérieur, en « sortant » mes recherches du laboratoire et en les replaçant dans un contexte plus appliqué ». Et plus tard, Guillaume Castel souhaiterait profiter de l’essor des nouvelles techniques de détection et de séquençage des génomes viraux pour découvrir et caractériser des virus encore (mal/in)connus…

Mini-CV

  • 31 ans, sans enfants
  • Formation universitaire (DEUG, Licence, Maitrise) en Biologie cellulaire, puis Master en virologie à l'université Paris 6 (UPMC) et enfin Doctorat de la même université réalisé dans le laboratoire des Stratégies antivirales de l'Institut Pasteur à Paris.
  • Chargé de Recherche (CR2) au Centre de biologie pour la gestion des populations à l’Inra de Montpellier.
  • Hobbies : Aquariophilie, nature, canoé...