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Olivier Bastien

Olivier Bastien est chargé de recherche en biomathématiques au laboratoire de Physiologie cellulaire végétale Inra et au Commissariat à l’énergie atomique (UMR CEA-CNRS) de Grenoble. Les modèles qu’il développe permettent aux chercheurs expérimentaux de mieux comprendre les mécanismes cellulaires fondamentaux des plantes. Malgré son léger handicap moteur, Olivier Bastien est un passionné de connaissance et un hyperactif dont l’esprit tourne à plein régime !

Olivier Bastien. © inra
Par Emmanuelle Manck
Mis à jour le 13/01/2017
Publié le 18/04/2008

Olivier Bastien est atteint depuis une quinzaine d’années d’une polyarthrite rhumatoïde, une forme de rhumatisme inflammatoire chronique et invalidant. À l’Inra, il a « été recruté à avec un fléchage handicapé », explique-t-il. « À mon arrivée, mes besoins ont été évalués et un aménagement, tant matériel qu’administratif, m’a été proposé ». Une chaise spéciale et un bureau personnel préservent ainsi son confort et sa mobilité. La maladie provoque des crises douloureuses aussi aiguës qu’imprévisibles, empêchant le chercheur de garantir des horaires de travail fixes. Il bénéficie donc d’une certaine souplesse dans son organisation : « Mes collègues ne s’inquiéteront pas de mon absence une matinée : ils savent que je peux être en train de travailler chez moi ». Elle n’est pas perçue comme « limitante » ou « avantageuse » : « Le laboratoire me connaissait avant mon recrutement et je m’entends bien avec toutes les personnes qui y travaillent. Comme mon niveau professionnel et ma production sont équivalents à ceux des autres, aucun problème ne se pose. »

Biologie : la cellule, l’organisme, la dynamique… et les mathématiques

Le parcours de l’isérois est effectivement un « sans faute ». Après une licence de biologie des organismes et une maîtrise de biologie des populations en 1999, Olivier se donne un an pour choisir entre la recherche, l’ingénierie ou l’enseignement. En travaillant sur la dynamique de la végétation des landes au Laboratoire CNRS de biologie des populations d’altitude de Grenoble sous la direction de Bernard Doche, son attrait pour la recherche se transforme en conviction. Il décide toutefois de consolider son bagage et approfondir les thèmes qui l’intéressent : il effectue en 2001 une maîtrise de biologie cellulaire puis un DEA de biomathématiques en 2002. Sa thèse sera encadrée par Eric Maréchal, directeur de l’équipe de chemogénomique du laboratoire de Physiologie cellulaire végétale. Soutenue en avril 2006, elle porte sur ‘les développements théoriques et les méthodes numériques permettant les comparaisons de génomes’.

Modèle et l’expérimentation, des connaissances complémentaires

Pour son post-doc, Olivier Bastien obtient une bourse de 2 ans de la Fondation pour la recherche médicale. Mais après quelques mois passés au laboratoire Adaptation et Pathogénie des microorganismes de l’Institut Jean Roget à Grenoble, l’Inra le « débauche » en 2007. « C’est très bien pour moi : je suis à la fois dans la continuité et dans l’exploration de champs nouveaux » s’enthousiasme-t-il. « En tant que théoricien dans un laboratoire de biologie expérimentale, j’aborde des thématiques transversales qui toutes recoupent les travaux du laboratoire. Les compétences de chacun se complètent : mes connaissances particulières me permettent d’élaborer les modèles que les chercheurs expérimentaux peuvent utiliser. En contrepartie, je bénéficie en direct des données et de l’interprétation des expériences. »

Parasite de la malaria : un mystérieux bout d’ADN végétal !

L’analyse de séquences est l’un un des thèmes de recherche d’Olivier Bastien : « Je participe au développement de méthodes théoriques et numériques permettant l’analyse comparative des génomes d’Arabidopsis thaliana, la modèle plante, et de Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la malaria », raconte le chercheur. « Cette maladie représente 250 millions de malades dans le monde, et les médicaments habituels commencent à se confronter à des résistances. Le séquençage du génome de Plasmodium falciparum a permis à la recherche d’envisager un autre moyen de l’attaquer. On s’est aperçu qu’un petit bout de son ADN ressemble à un chloroplaste, un élément végétal. Le parasite semble issu d’une histoire très complexe : il partagerait des ancêtres communs avec les plantes. Nous cherchons à cibler une cellule commune aux plantes et au parasite pour concevoir de nouveaux médicaments dits herbicides. » Ses deux autres domaines de recherche sont la régulation des voies métaboliques végétales - notamment des acides aminés et des vitamines - et l’épigénétique. « Les méthodes que je développe peuvent être immédiatement applicables à d’autres recherches, c’est intéressant pour le laboratoire. Ces thématiques le sont aussi pour moi, car elles sont au cœur de la science moderne ».

Science et musique : l’accord parfait

Malgré son fort investissement dans la recherche, Olivier Bastien est resté fidèle à ses autres centres d’intérêt que sont l’astronomie, les randonnées et surtout, la pratique de la guitare électrique : « Quand j’étais plus jeune, il n’y avait que la science et la musique qui m’intéressaient : j’avais la certitude d’y consacrer ma vie, et c’est le cas aujourd’hui. Je suis professeur de musique, j’enregistre et je fais des concerts avec un groupe de professionnels ». Si Olivier s’est spécialisé dans le ‘blues’ côté musique, aucune note de tristesse ne semble entamer son enthousiasme et son appétit de vie !

Mini-CV

  • 33 ans
  • célibataire
  • chercheur en biomathématiques
  • formation : Bac D, DEUG de Sciences de la Vie, Licence de biologie des organismes, Maîtrise de biologie des populations et des écosystèmes. Maîtrise de biologie cellulaire et physiologie, DEA de Biomathématiques, Doctorat de Biologie.