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Confidences d’un acteur d’avenir

Doctorant en agronomie à l’Inra de Paris, Nicolas Urruty questionne les systèmes de production du blé afin d’identifier les plus robustes face aux aléas climatiques et biotiques. D’ingénieur à jeune acteur de la recherche, ce qui l’anime, c’est la quête d’un dénouement heureux : « produire plus et mieux avec moins ».

Nicolas Urruty, doctorant en agronomie à l'Inra Paris. © Inra
Par Julie Cheriguene
Mis à jour le 15/12/2016
Publié le 05/09/2016

« Les systèmes agricoles sont en pleine mutation. Issu d’un milieu rural, j’avais envie de mieux connaître ce monde-là », dit simplement Nicolas Urruty pour évoquer son choix des sciences agronomiques. Pour autant, il imagine un scénario original pour son parcours, inspiré par une idée-force : « participer à relever les défis pour l’avenir. »

Sur les planches des grandes cultures

Acteur de la recherche & médiateur scientifique

L’intrigue débute dans le Gers avec un diplôme universitaire de technologie (DUT) Génie biologique. Il intègre ensuite l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse et obtient son diplôme d’ingénieur agronome en 2012 après un stage de fin d’étude chez Arvalis -Institut du Végétal. « En travaillant sur la question de la suppression du travail du sol, j’ai pu rencontrer des agriculteurs innovants, qui suivaient des voies alternatives aux pratiques traditionnelles. »
Fort de son expérience, il est recruté à la direction scientifique Agriculture de l’Inra pour travailler sur l’étude des agricultures à hautes performances (1) réalisée en 2014 pour le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP). « Après mon CDD d’un an, les deux responsables Hervé Guyomard et Christian Huyghe m’ont proposé de faire une thèse ». Son sujet : améliorer la robustesse des systèmes de production du blé tendre face aux aléas climatiques et aux maladies. Co-financé par Agrosolutions, filiale du groupe InVivo à la tête du réseau des coopératives agricoles françaises, il exploite les résultats d’enquêtes menées auprès de plus de 300 exploitations agricoles pour identifier les leviers d’amélioration. « Mes résultats tendent vers une flexibilité de l’itinéraire technique. Les agriculteurs qui diversifient les variétés de blé qu’ils cultivent ont des rendements plus stables. »
Le siège administratif de l’Inra à Paris, un décor atypique pour ce jeune chercheur : « il n’y a pas d’équipe de recherche à proprement parler, et donc pas la même stimulation intellectuelle pour la rédaction des publications. » Pour nourrir ses liens avec la recherche, il échange avec des doctorants des autres centres Inra. C’est au cours d’une journée dédiée d’échanges qu’il entend parler du concours « Ma thèse en 180 secondes » : « Ayant fait un peu de théâtre, j’ai aimé l’idée de monter sur scène ! » Mais ce qui le séduit surtout, c’est le premier rôle de médiateur scientifique que lui offre ce concours.

Au-devant de la scène

Avec ce concours, pas de place à l’improvisation. Aux finales universitaire, régionale puis nationale, une élocution maîtrisée pour une tirade de trois minutes travaillée au cordeau : « il faut veiller à ne pas tomber dans la caricature de la science tout en s’adressant au public le plus large », se préoccupe Nicolas Urruty. « C’est amusant mais très prenant ! » Un investissement payant puisqu’il fait partie des trois représentants français à la finale internationale, et que ce succès lui a valu d’être reçu à Matignon, en juin 2016, avec l’ensemble des finalistes nationaux.
La recherche au service des agriculteurs, mais plus largement des citoyens, c’est ce qui donne du sens à ses travaux : « il faut expliquer ce que l’acte de consommation implique ». Une prise de conscience arrivée très tôt, qui entretient sa flamme au quotidien. La distribution de ses compétences, c’est ainsi qu’il la répartit : l’analyse technique d’abord, puis la restitution des résultats sur le terrain. « Diversité des variétés, coût, complexité technique sont les freins rencontrés par les exploitants pour varier les systèmes de culture. Mais c’est un chemin à suivre qui doit être accompagné par des conseils et des formations. »
Quant à son avenir, c’est ainsi qu’il veut le jouer : « auprès des régions, dans les parcs naturels, ou encore en lien avec les coopératives, je ne suis pas encore fixé ! ». Une double performance technique et scientifique pour des systèmes agricoles durables.

(1) Nicolas Urruty travaille plus particulièrement sur les volumes 2 et 3 analysant les voies de progrès permettant d’améliorer les performances économiques et environnementales des exploitations agricoles françaises.

Mini-CV

  • 26 ans
  • 2007 : Bac scientifique (64)
  • 2007 - 2009 : IUT Génie biologique, option agronomie (32)
  • 2009 – 2012 : École nationale supérieure agronomique (INP-Ensat) de Toulouse (31)
  • 2014 – 2017 : Doctorat en agronomie – Université de Poitiers-Gay Lussac (86)
  • Centres d'intérêt : botanique, photographie, théâtre, randonnées, voyages
Concours « Ma thèse en 180 secondes ». © Inra

« Ma thèse en 180 secondes » : sur le podium de la finale internationale

Le 31 mai 2016, à l’issue de ses 180 secondes, Nicolas Urruty, drôle de « psychanalyste » du blé, a convaincu le jury et obtenu la troisième place de la finale nationale du concours « Ma thèse en 180 secondes », lui offrant l’accès à la finale internationale tenue le 29 septembre au Maroc.

> Retour en image sur ses 180 secondes

Lors de la finale internationale opposant vingt doctorants de dix pays francophones, Nicolas Urruty a obtenu le troisième prix du jury.

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