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Ingénieuse vigne de demain

Nathalie Ollat est ingénieure de recherche à l’unité Écophysiologie et génomique fonctionnelle de la vigne (EGFV) de l’Inra à Bordeaux. Spécialisée depuis plus de 15 ans dans l’étude et l’amélioration des porte-greffes de la vigne, elle s’est récemment engagée sur l’analyse des impacts du changement climatique en viticulture.

Nathalie Ollat, ingénieure de recherche à l’unité Écophysiologie et génomique fonctionnelle de la vigne (EGFV) de l’Inra Bordeaux-Aquitaine.. © Inra
Par Emmanuelle Manck
Mis à jour le 06/10/2016
Publié le 19/09/2016

Intérêt croissant pour la vigne avec l'expérience de la recherche

Nathalie Ollat a rejoint « naturellement » la station de Viticulture de l’Inra à Bordeaux en 1988 après un diplôme d’ingénieur agronome spécialisé en physiologie végétale. « Issue d’une famille agricole, j’étais très intéressée par l’étude du fonctionnement des plantes et sensibilisée à l’agriculture : l’Inra offrait de belles perspectives de recherche appliquée. Commencer par travailler sur la vigne m’a inspirée et amenée à me consacrer complètement à cette thématique ». Sa thèse, effectuée à l’unité de Physiologie végétale de Bordeaux, portait sur les phases de croissance des baies de raisin : « J’ai décrit les processus qui se mettent en place de la nouaison jusqu’à la maturité, en montrant notamment que les changements étaient soudains au début de la maturation et que les voies d’alimentation en eau de la plante se modifiaient à ce stade ».

Aux racines des bons crus

Dès la fin des années 90, Nathalie Ollat a concentré ses recherches sur les porte-greffes de la vigne. En effet, depuis des décennies, la plupart des vignes en France et dans le monde sont greffées sur des variétés de vignes d’origine américaine résistantes au fléau de ces plantes, le puceron Phylloxera. Il existe plusieurs porte-greffes, différemment adaptés au sol ou au type de culture souhaité, et de nouvelles variétés sont régulièrement mises au point. « À ce moment-là, le centre Inra de Bordeaux a été désigné comme le pôle d’étude des porte-greffes : c’était un contexte de recherche qui permettait d’associer la physiologie et l’amélioration génétique des plantes », se souvient Nathalie Ollat. « J’ai monté un programme dédié à la compréhension du rôle du porte-greffe sur le fonctionnement de la plante, en particulier sa croissance, qui pouvait se révéler utile pour la connaissance scientifique et pour les professionnels de la viticulture ».
L’équipe de Nathalie Ollat a réalisé de nombreuses expérimentations en serre et dans les vignobles pour mesurer l’effet du porte-greffe sur la vigne : sur la nutrition de la plante, l’apport en eau, le développement du feuillage, le rendement… « Sur ces deux derniers points, nous avons pu mettre en évidence des effets très marqués pouvant atteindre un facteur 10 ! »

La vigne et le vin au défi du climat

Les besoins des viticulteurs en constante évolution

Au fil du temps, les problématiques des viticulteurs ont évolué : « Au début des années 2000, la demande portait sur des porte-greffes réduisant le rendement et la vigueur de la vigne. Aujourd’hui, elle est plutôt axée sur une meilleure adaptation de la vigne à la sécheresse, mais aussi sur un effet barrière à une maladie virale transmise par un nématode ».
Nathalie Ollat a récemment élargi son domaine de recherche avec un programme d’étude de l’impact du changement climatique sur les cultures viticoles (1). Aujourd’hui, avec les températures plus élevées en France, le cycle de végétation de la vigne se raccourcit, la maturation intervient plus tôt, la composition du raisin se modifie et les besoins en eau peuvent devenir plus importants...  D’après les premières analyses des chercheurs, la prise en compte des variations climatiques locales et le bon choix du porte-greffe et du cépage feront partie des solutions d’adaptation envisageables.

Pour répondre à toutes ces questions, Nathalie Ollat a travaillé avec des chercheurs d’autres spécialités : physiologistes, agronomes, œnologues, pathologistes, climatologues et économistes… « Rassembler des équipes pluridisciplinaires et collaborer entre scientifiques de divers horizons était très motivant ! J’ai œuvré pour un vrai dialogue entre disciplines car selon moi, il est important d'étudier un problème sous ses différents aspects si l'on veut espérer contribuer à apporter des solutions à la filière viticole ». Entre les mains de Nathalie Ollat, ce patrimoine qu’est la vigne et le vin a de l’avenir !

(1) Nathalie Ollat et Jean-Marc Touzard, directeur de recherche à l’unité mixte de recherche Innovation et développement dans l’agriculture et l’alimentation (Inra-Cirad-Montpellier Supagro) ont coordonné le programme Laccave (Long term impacts and Adaptations to Climate Change in Viticulture and Enology) consacré aux stratégies d’adaptation au changement climatique pour la vigne et le vin en France. > Voir les vidéos

Nathalie Ollat, ingénieure de recherche à l’unité Écophysiologie et génomique fonctionnelle de la vigne (EGFV) de l’Inra à Bordeaux. © Inra

Mini-CV

  • Diplôme d’ingénieur agronome spécialité Physiologie végétale et DEA « Sciences agronomiques » en 1987.
  • DEA en oenologie-ampélologie en 1989.
  • Doctorat  en sciences agronomiques en 1996.
  • Habilitation à diriger des recherches en 2014.
  • 48 publications dans revues à comité de lecture.