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Contempler l’évolution

Florian Maumus, un prénom qui fleure déjà bon le végétal, une passion pour les plantes qu’il va décliner sans limite en mêlant génétique, génomique et bioinformatique. Aujourd’hui, chargé de recherche dans l’unité Génomique-Info au centre Inra Île-de-France – Versailles-Grignon, il reçoit le Laurier jeune chercheur. Portrait d’un amoureux de la vie.

Florian Maumus, chargé de recherche dans l’unité Génomique-Info au centre Inra Île-de-France – Versailles-Grignon, reçoit le Laurier Espoir scientifique 2017 © NICOLAS Bertrand
Par Catherine Foucaud
Mis à jour le 15/12/2017
Publié le 20/11/2017

Discret, presque effacé, Florian Maumus l’est sans aucun doute « je vais vous décevoir mais bon, je suis quelqu’un de tout à fait normal » dit-il en préambule. Aujourd’hui, fort de 48 publications dans les plus grands journaux scientifiques internationaux, Florian Maumus voit dans la distinction qu’il reçoit l’expression d’une reconnaissance, celle de son investissement et de son parcours. Car son métier de bioinformaticien, entre observation et compréhension des génomes, il l’affectionne tout particulièrement. Il en parle avec une passion communicante, étonné d’en être arrivé là mais ô combien ravi de trouver là l’occasion d’y exprimer son amour de la vie.  

D’un jardin extraordinaire où il suffit d’un peu d’imagination….

La passion de Florian Maumus pour ce qui l’entoure, elle naît dans le jardin de la maison de campagne familiale. C’est là qu’il s’ouvre à la nature, se passionnant pour le monde vivant et plus particulièrement pour les plantes. Cet intérêt, il le partage notamment avec  sa maman dont il parle avec douceur et tendresse. Elle comptera beaucoup dans son apprentissage à percevoir la beauté des choses les plus simples. Son père, il lui apprendra à ne jamais renoncer.
Son passage à l’école lui laisse peu de souvenirs sauf celui d’un élève moyen voire médiocre, assis en fond de classe qui avance tant bien que mal au lycée, dans une filière S, sciences et maths. Durant ces années, Florian Maumus s'intéresse plus à l'art. Photo, sculpture, dessin et musique, la créativité est déjà son maître mot. C’est sur les bancs de la Fac’ qu’il va retrouver le plaisir d’aller en cours, évoquant ces longues heures en amphi comme un spectacle qu’il vit de façon privilégiée. Toujours enthousiasmé par les plantes, il obtient un Master de biologie végétale puis s’engage dans une thèse de doctorat.

Sortir des sentiers battus pour explorer la vie

... au laboratoire…

Observateur et curieux, Florian Maumus va s’intéresser durant trois années aux microalgues unicellulaires ou diatomées, dont il va étudier l’expression des gènes et l’évolution du génome à l’Institut de biologie de l'École normale supérieure (ENS, CNRS, Inserm). À cette occasion, il va découvrir les éléments transposables pour lesquels nait une passion qui ne le quittera plus. Ces séquences d’ADN mobiles répétées, encore appelées transposons, jouent un rôle majeur dans les modifications que subit le génome dans la mesure où elles génèrent, en se déplaçant, des mutations si elles ne sont pas réprimées par leur hôte. Connues depuis les années 50, elles revêtent, avec l’avènement de la génétique et de la génomique, un nouvel intérêt. Leur étude permet au jeune étudiant qu’est alors Florian Maumus de porter un nouveau regard sur l’évolution des génomes.
Sa thèse en poche, il franchit la porte de l’Inra en 2009 pour effectuer un premier stage post-doctoral à l’Institut Jean-Pierre Bourgin, tricotant plante et biologie moléculaire dans l’équipe d’Hervé Vaucheret. À l’aube des séquençages haut débit, Florian Maumus se lance alors  le défi d’une reconversion méthodologique d’importance. Il se tourne vers la bioinformatique, grâce à laquelle il doit pouvoir accéder à d’autres dimensions du génome et donc des éléments transposables : évolution, comparaison... Il intègre alors l’Unité de recherche en Génomique-Info (URGI) pour une série de stages post-doctoraux sous la direction de Hadi Quesneville, un autre grand spécialiste des éléments transposables.
L’agitation du labo va laisser ainsi place peu à peu au calme du bureau, au rangement des tubes va succéder l’organisation des répertoires informatiques tandis que Florian s’initie à cette nouvelle discipline.

…. où il convient de composer avec des connaissances

En 2014, Florian Maumus est recruté à l’Inra en qualité de Chargé de recherche tandis qu’il poursuit ses activités de recherches au sein de l’URGI. Lui qui s’était rêvé longtemps horticulteur ou maraîcher, le voilà chercheur dans l’antre d’un grand acteur européen et international de la génomique des plantes - comme il aime à parler de l’Inra. La moins étonnée de ce parcours ce sera sa maman qui voit là l’expression de l’esprit d’observation et de débat de son fils, un trait de caractère dont il a toujours fait montre, se faisant l’avocat du diable à tout moment et cherchant toujours à comprendre le point de vue des autres.
Les années ont passé, vite et bien, d’autant que Florian Maumus a trouvé dans la recherche scientifique une activité qui correspond bien à sa personnalité, l'opportunité de sortir des sentiers battus pour explorer la vie. « La recherche c'est un peu comme l'improvisation en jazz, on connecte des connaissances entre elles pour composer un nouveau répertoire. »

Au centre Florian Maumus, Laurier Espoir scientifique 2017, entouré de son équipe de l’unité Génomique-Info au centre Inra Île-de-France – Versailles-Grignon. © Inra, NICOLAS Bertrand
Au centre Florian Maumus, Laurier Espoir scientifique 2017, entouré de son équipe de l’unité Génomique-Info au centre Inra Île-de-France – Versailles-Grignon © Inra, NICOLAS Bertrand

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Florian Maumus Unité Génomique-Info
Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

Et après ?

Même s’il envisage désormais l’avenir avec sérénité, Florian Maumus aimerait encore bouger un peu, revenir à des choses plus concrètes où les éléments transposables trouveraient leur place dans de nouveaux projets de créations variétales chez les plantes, faire le chemin inverse pour retourner en laboratoire afin de traduire ses connaissances en actions.
Les nouveaux projets qu’il vient de soumettre à l’avis de la communauté scientifique et à ses financeurs reflètent plus que jamais ces nouvelles perspectives et en voir l’un d’eux accepté dans un futur proche constituerait… une reconnaissance qui le comblerait encore un peu plus.

Mini-CV

  • 37 ans
  • Depuis 2014, Chargé de recherche Inra, Centre de recherche Île-de-France – Versailles-Grignon, unité de recherche Génomique-Info
  • 2011 – 2014 Stage post-doctoral – Unité de recherche Génomique-Info
  • 2009 – 2010 Stage post-doctoral, Centrede recherche  Île-de-France – Versailles-Grignon, Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS)
  • 2005-2009 Thèse de doctorat  en biologie (Univ. Paris Sud) - Transcriptional and Epigenetic regulation in the marine diatom Phaeodactylum tricornutum / https://www.theses.fr/187116962
  • 2005 Master Biologie végétale (Université Pierre et Marie Curie)

Prix et distinctions

  • Laurier Espoir scientifique 2017

Pour aller plus loin

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