Informaticien à toute épreuve

L’informatique, Fabien Travaglia n’est pas tombé dedans quand il était petit. Aujourd’hui développeur à l’Inra d’Avignon, on pourrait penser qu’apprendre son métier n’a pas été pour lui une promenade de santé. Mais c’est sans compter sur les capacités de cet ancien sportif de haut niveau bien entraîné à franchir les obstacles.

PORTRAIT de Fabien Travaglia, TECHNICIEN au sein de l’unité Ingénierie logicielle - plateformes et services (Pils) du centre Inra à Avignon. © Inra
Par Julie Cheriguene
Mis à jour le 11/05/2015
Publié le 27/04/2015

L’informatique, une passion et mon métier

C’est en 2008 que Fabien Travaglia répond à une annonce de l’ANPE pour un poste de développeur au sein de l’unité Ingénierie logicielle - plateformes et services (Pils) du centre Inra à Avignon. « Ils rechercheraient initialement un ingénieur plus expérimenté mais l’entretien s’étant très bien passé, ils m’ont laissé ma chance ». Car pour devenir informaticien, Fabien Travaglia n’a pas ménagé ses efforts.

Parcours de fond

Assez tôt, il se définit comme quelqu’un de « plutôt intéressé par la technique ». Et cela se retrouve dans sa pratique à haut niveau du décathlon : « j’étais bon dans pas de mal de disciplines, alors ce sport m’a plu ! » Après une première année de BTS électrotechnique en section sport-étude en 2002 à Marseille qui n’a pas répondu à ses attentes et une blessure au genou qui le contraint à arrêter le décathlon, il décroche un CDI en tant que cariste. Un accident du travail va cependant changer la donne : reconnu travailleur handicapé en raison d’une hernie discale, il entame un suivi personnalisé auprès d’un organisme de formation, l’AFPA, pour sa reconversion. Fabien Travaglia envisage une formation de réparateur informatique, motivé par le fait d’être déjà à l’époque la « personne ressource » en informatique auprès de son entourage. « Les tests d’aptitude m’ont poussé à viser plus haut avec une formation de développeur informatique. J’étais novice, je ne pensais pas avoir le niveau. » Une formation d’un an qui lui permet de décrocher un diplôme équivalent au BTS : « je passais mes nuits à développer du code, à travailler sur mes examens. L’Informatique est devenue une vraie passion, et mon métier ! »
En 2007, son premier poste de développeur dans une entreprise spécialisée dans les applications de réservation pour les agences de voyage est un nouveau cap à franchir : « au début c’était difficile, je débutais sur le marché du travail par rapport aux autres développeurs, j’ai dû m’accrocher » se souvient-il.

De l’application au travail d’équipe

Après un an de CDD à l’Inra, Fabien Travaglia est titularisé en 2009 sur avis d’un jury professionnel dans le cadre d’une procédure dérogatoire qui permet aux personnes en situation de handicap d’accéder à la fonction publique sans concours : « un ergonome est venu voir mon poste de travail qui ne nécessite pas d’aménagement spécifique. Travailler assis est idéal pour moi, avec une chaise bien adapté pour mon dos ».
Dans l’unité, il monte rapidement en compétences sur le développement des web services. « J’ai par exemple travaillé sur l’annuaire des personnels de l’Inra, accessible en Intranet et en Internet. Lorsque l’internaute fait une recherche sur une personne, le web service intervient en allant récupérer les données dans les référentiels pour afficher les coordonnées recherchées. »

Aujourd’hui, il est responsable de l’usine logicielle : « elle permet de faciliter la vie du développeur. Par exemple l’outil d’intégration continue permet à chaque développeur de visualiser l’état de « santé » des logiciels et la qualité de son travail. Chaque logiciel occupe une ligne et est caractérisé par une icône « météo » : un soleil si les résultats des tests réalisés sur les logiciels pour éviter les bugs sont bons, un nuage si des correctifs sont à apporter, etc. » Début 2015, il devient responsable de la priorisation des évolutions fonctionnelles et techniques à mettre en place sur les logiciels.
La notion de partage est pour lui primordiale : « travailler dans son coin n’a pour moi pas vraiment de sens ! » Dans l’unité, c’est la méthode de travail appelé « Agile » qui prime. Un directeur de produit (1) est à l’interface des utilisateurs et des développeurs. Autre fonction importante, celle de l’animateur, facilitateur d'équipe « scrum » (2) : tous les matins, chaque développeur se positionne sur ses tâches, exprime les obstacles à leur réalisation, etc. L’administrateur « scrum » est là pour lever les obstacles : « c’est une fonction qui tourne dans l’équipe. Depuis que j’ai moi-même tenu ce rôle, je me sens encore plus impliqué dans l’équipe, cela m’a permis d’agrandir mon champ de vision ».

             

(1) Le directeur de produit « Product owner » (PO) a pour fonction de maximiser la valeur du produit (logiciel, application développés) d’une part et le travail de l’équipe de développement d’autre part. L’équipe développe à partir des fonctionnalités exprimées par l'utilisateur au Product owner, qu’il a ensuite priorisées.

(2) Le facilitateur d'équipe « Scrum master » est au service du Product owner, de l’équipe de développement et de son organisation. Il supervise pas à pas la gestion de projet et les développements, d’après  les faits et retours d’expériences, en vue de les optimiser. Il s’assure que l’équipe adhère à la théorie, aux pratiques et aux règles mises en place.

Et l’Inra ?

« Cela me plait d’apporter ma contribution au travail de recherche de l’Inra, même si cela est de façon indirecte. Pourquoi pas un jour travailler sur des outils scientifiques en lien plus direct avec les chercheurs et les recherches ! »

Mini-cv

  • 32 ans, marié, 2 enfants
  • 2002 : Bac STI électrotechnique, première année de BTS électrotechnique
  • 2008 : obtention du titre de Développeur en informatique niveau 3 (équivalent BTS)
  • Depuis 2009 : assistant ingénieur à l’Inra
  • Hobbies : informatique et veille technologique sur les nouveautés en haute technologie, pratique du vélo