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Dominique Ripoche : un modèle de générosité 

Dominique Ripoche, informaticienne à l’unité AgroClim, localisée à Avignon (département Environnement et Agronomie de l’Inra), a reçu le Laurier de l’Inra 2018 « Innovation pour la recherche ». C’est avec un sens du collectif hors du commun qu’elle casse, le sourire aux lèvres, les stéréotypes de l’informaticienne qui travaille seule dans son coin. Elle nous raconte l’histoire d’un projet précurseur sur lequel elle a travaillé toute sa carrière : le modèle Stics (Simulateur multidisciplinaire pour les cultures standard). Rencontre avec la nounou de ce code informatique. 

Dominique RIPOCHE, laurier 2018
Par Anaïs Bozino
Mis à jour le 13/12/2018
Publié le 10/12/2018

Des souvenirs de voyage, des petites figurines, des dessins de ses petits-enfants… le bureau de Dominique Ripoche est un véritable cocon, duquel elle œuvre depuis 1982. « Je n’étais pas du tout destinée à l’agronomie ! » raconte-t-elle. « Je passais les concours pour la Banque de France après avoir obtenu mon DUT en statistiques à Grenoble, et en parallèle, j’ai eu un entretien avec Bernard Seguin, qui était le monsieur changement climatique à l’Inra. Et j’ai été embauchée, c’est comme ça que je suis arrivée ici ! ». Au départ, elle s’occupe du développement d’outils de traitement de données climatiques et de la modélisation des cultures sur DSSAT, un modèle américain. « Puis Nadine Brisson, la maman de Stics, est arrivée avec son modèle, et nous avons commencé à travailler ensemble dessus ».

Les séquences de débugage deviennent des moments de rire et d’échanges privilégiés
  

Donner, échanger, rencontrer

Le modèle est capable de simuler un agrosystème tout en tenant compte des contraintes du climat et des pratiques culturales, afin d’aller vers une agriculture plus durable, notamment en gérant plus facilement les apports en eau ou en azote dans les cultures. Sa première version, sortie en 1996, était alors dédiée au blé, puis au maïs. « Je nous revois aller présenter le modèle avec Nadine, notre documentation papier et nos disquettes sous le bras… Ce sont des super souvenirs ! » s’exclame Dominique. Aujourd’hui, son travail se répartit en trois grands axes : la maintenance et l’évolution permanente du code informatique, la diffusion et la documentation liées au modèle Stics, ainsi que le support utilisateur. En bref, elle est la garante de la fiabilité et de la robustesse de ce modèle. Et pour l’améliorer sans cesse, elle sait se mettre à la place de ses différents publics – qu’ils soient scientifiques, économistes, enseignants ou chercheurs. « Les échanges, le travail en équipe avec les collègues, les utilisateurs et les thésards, c’est ce qui m’intéresse le plus : cela me permet de faire de belles rencontres ».

La gardienne du code

De deux, puis trois avec Bruno Mary qui a apporté l’azote dans le berceau de Stics, les personnes travaillant au plus près du modèle sont passées à quatre, avec l’arrivée de Marie Launay, et désormais, l’équipe projet Stics (EPS) compte 24 personnes. « Chercheurs, ingénieurs, informaticiens, numériciens… chacun amène son expertise. En plus, je ne suis plus la seule informaticienne ! Fonctionner en équipe projet a permis de professionnaliser la gestion du code » se réjouit Dominique. Patrice Lecharpentier, informaticien, l’a en effet rejoint depuis deux ans pour optimiser progressivement le code, et aller vers plus de modularisation. « Stics est une belle vitrine pour l’Inra, d’autant plus que le modèle s’ouvre à l’international : il est utilisé dans le monde entier, et les projets avec d’autres pays sont plus courants, notamment avec le Brésil, l’Inde ou la Chine ».

Lignes de code, lignes de vie

Elle est la garante de la fiabilité et de la robustesse du modèle

« On se sent un peu comme Sherlock Holmes, lorsqu’il faut trouver un problème dans le code… » s’amuse Dominique Ripoche en naviguant dans l’océan de lignes de code. Les longues journées et les séquences de débugage, souvent fastidieuses, deviennent avec Dominique des moments de rire et d’échanges privilégiés avec ses collègues. « Nous sommes des amis, plus que des collègues » souligne Dominique. Cette bonne ambiance, palpable à AgroClim, se retrouve… jusque dans les lignes de code informatique. Un anniversaire, un problème, un encouragement : ce sont des pans entiers de la vie de l’unité qui se retrouvent dans les commentaires des membres de l’équipe de Stics. Et pour Dominique, c’est cette cohésion qui est récompensée au travers du Laurier : « je n’y croyais pas du tout… mais je suis ravie, ce Laurier, c’est une récompense pour Stics, pour Nadine et pour toute l’équipe ! »

Photo de groupe de l'unité AgroClim à laquelle appartient Dominique RIPOCHE, laurier 2018 "Innovation pour la recherche". Avignon, Vaucluse (84), FRANCE, 19 septembre 2018. © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand
Photo de groupe de l'unité AgroClim à laquelle appartient Dominique RIPOCHE, laurier 2018 "Innovation pour la recherche". Avignon, Vaucluse (84), FRANCE, 19 septembre 2018 © Bertrand NICOLAS - Inra, NICOLAS Bertrand

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Environnement et agronomie
Centre(s) associé(s) :
Provence-Alpes-Côte d'Azur

Mini-CV

Née en 1960, Dominique Ripoche-Wachter a deux enfants et quatre petits-enfants.

Formation

Baccalauréat (série D) en 1979

Diplôme Universitaire de Technologie en statistiques et techniques quantitatives de gestion en 1981

Carrière

1982 : Dominique Ripoche arrive à l’Inra, en tant que programmeuse (mi-temps au laboratoire du STEFCE) et au traitement d’image et statistiques (mi-temps à l’unité Bioclimatologie)

Jusqu’en 1996, elle reste à l’unité Bioclimatologie en tant qu’analyste-programmeuse

Dès 1996, et jusqu’à aujourd’hui, elle est la responsable informatique du projet Stics.

Hobbies

Le tricot, qu’elle considère comme son yoga, le yoga (le vrai celui-là), la marche rapide avec ses collègues, et la cuisine exotique. 

Et après ?

La soif de transmettre

La version 9.0 du modèle Stics est sortie à la mi-octobre 2018. Il est devenu depuis quelques années l'un des premiers modèles cités au monde. « Nous nous sommes occupés des dernières corrections informatiques, des mises à jour, des informations scientifiques sur les nouveaux formalismes, nous l’avons mis sur le site web et nous avons communiqué autour de cette dernière version… C’est un peu de boulot quand même ! » explique-t-elle en riant. Et pour la suite ? Dominique a un souhait : « que le modèle Stics continue à être utilisé et que le code continue à vivre une fois que je serai partie à la retraite ! »

Pour aller plus loin

En savoir plus sur le modèle Stics, et l’équipe qu’il y a derrière. 

Le modèle Stics a été présenté en Chine en juillet.

Du 4 au 7 avril 2017, 4 agronomes du département scientifique Environnement et Agronomie de l’Inra ont formé 24 agronomes indiens à utiliser Stics > Notre article