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Rajeev Kumar, au cœur de la méiose

Chargé de recherche à l’Inra, R. Kumar aborde les mécanismes de l’hérédité sous l’angle de la biochimie

R. Kumar est chargé de recherche Inra dans l'UMR Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS).
Photo prises dans les serres de cultures sur le site de Versailles (78).. © Inra, Corine Enard
Par Catherine Foucaud-Scheunemann
Mis à jour le 23/06/2017
Publié le 19/01/2016

Sourire aux lèvres, Rajeev Kumar parle avec brio de la méiose. Ce sujet rythme son quotidien de scientifique depuis de nombreuses années et plus encore depuis qu’il a été recruté en 2014 à l’UMR Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS). Un parcours à découvrir en quelques étapes clés.

Sur les routes d’Europe

Dès 2001, titulaire d’un master en biochimie obtenu à l’Institut indien de recherche agricole, Rajeev Kumar a quitté l’Inde pour l’Allemagne. C’est à Aix-la-Chapelle, à l’Université technique de Rhénanie-Westphalie qu’il va préparer un doctorat de biologie. Pendant quatre ans, il va ainsi travailler sur la biosynthèse de la vitamine E dans les huiles de colza. Au fil des années, il gagnera en compétences et savoir-faire dans les domaines de la biochimie et de la génétique tout en obtenant de nombreux résultats qu’il publiera dans des journaux internationaux de forte renommée.

Diplômes en poche R. Kumar va ensuite poursuivre sa carrière en France où il travaillera successivement à l’Institut Pasteur (Paris), à l’Institut de génétique humaine (Montpellier) et enfin, à l’Institut Curie (Paris).

Ce seront presque 10 années au cours desquelles R. Kumar va se forger une expérience et un savoir-faire des plus solides dans les domaines de la génétique moléculaire, de la biologie cellulaire et de la biochimie autour de projets en lien avec  la réparation de l'ADN et la recombinaison homologue sur des organismes allant des bactéries aux mammifères en passant par les levures.

Méiose et régulation des crossing-over

En 2014, fort de son expérience, Rajeev Kumar passera avec succès les concours de recrutement de l’Inra pour intégrer, en qualité de Chargé de recherche, l’équipe de Raphaël Mercier « Mécanismes de la méiose et apomixie » au sein de l’UMR Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra, AgroParisTech, ELR CNRS). 

Les plantes modèles, une opportunité pour comprendre l'hérédité

Depuis un an, mettant à profit ses acquis, R. Kumar s’intéresse toujours à la méiose dont il explore maintenant les mécanismes à l’aide de la plante modèle Arabidopsis thaliana, plus connue sous le nom d’Arabette des dames.

Au cours de la méiose, la grande majorité des espèces forment très peu de crossing-over (CO) par chromosome et les mécanismes qui sous-tendent cette limitation restent, pour une grande part, inconnus. Les récents travaux de l’équipe dans laquelle R. Kumar évolue maintenant, ont révélé l'existence d'au moins trois mécanismes de limitation des CO méiotiques, l’un implique la protéine FIDGETIN-Like-1 ou FIGL1, qui est conservée des plantes aux humains mais dont la fonction était jusque-là inconnue. R. Kumar cherche à mieux comprendre le rôle de FIGL1 au cours de la méiose et à élucider les mécanismes de sa régulation en privilégiant une approche biochimique.

Une tâche à laquelle il s’est d’ores et déjà attelé avec plaisir.

Contact(s)
Département(s) associé(s) :
Biologie et amélioration des plantes
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

Mini-CV

  • 38 ans
  • 2012-2014 Stage post-doctoral Institut Curie
  • 2007-2012 Stage post-doctoral Institut Génétique humaine (CNRS) - Bourse AXA (mars 2011 – septembre 2012)
  • 2006-2007 Stage post-doctoral Institut Pasteur - Bourse Programme Egide (2006)
  • 2005 Doctorat de biologie, Université technique de Rhénanie-Westphalie (DE).

La méiose, en quelques mots

La méiose est un type particulier de division cellulaire qui permet de générer des cellules sexuelles, les gamètes, chez tous les êtres vivants – animaux, plantes, champignons… - qui se reproduisent sexuellement.

Elle consiste en deux divisions cellulaires successives à la suite desquelles chacune des quatre cellules filles (à l’origine des futurs gamètes) n’emporte qu’une moitié des chromosomes du parent qui les produit. Juste avant la première division, les chromosomes d'une même paire s’apparient, certaines parties s’entrecroisent, c’est alors que des fragments de matériel génétique peuvent être échangés entre les chromosomes. Ces phénomènes naturels, appelés crossing-over, contribuent au mélange de l’information génétique à l’échelle de l’individu et de l’espèce. Ils ont aussi un rôle mécanique puisqu’ils sont indispensables à la distribution correcte des chromosomes.

Chez les plantes cultivées, il peut être intéressant d’exploiter ce brassage génétique afin de réunir des caractères d’intérêt agronomique essentiels au sein de nouvelles variétés.