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Prix et médailles de l’Académie d’agriculture de France : les chercheurs de l’Inra à l’honneur

Le 28 septembre se tenait la cérémonie de remise des prix et médailles 2017 de l’Académie d’agriculture de France, au ministère en charge de l’Agriculture. Cette année encore, les travaux des scientifiques de l’Inra ont été largement reconnus. Parmi les lauréats, onze chercheurs de l’Institut et six doctorants ont ainsi été récompensés pour la qualité de leur parcours.

28 septembre 2017 : cérémonie de remise des prix et médailles de l’Académie d’agriculture de France © Inra, Ch Maître
Mis à jour le 05/10/2017
Publié le 28/09/2017

Prix Jean Dufrenoy

Ce prix annuel, comportant l’attribution d’une somme de 5 000 euros, est attribué à un chercheur français âgé de préférence de moins de quarante ans, dont les recherches ont été inspirées par l’œuvre de Jean Dufrenoy. Ces travaux, caractérisés par leur originalité et dont les résultats ont fait l’objet d’une critique statistique, doivent donner lieu à des applications pratiques au bénéfice de l’agriculture.

Nathalie Nesi est directrice de recherche à l’Institut de génétique environnement et protection des plantes (Inra-AgroCampusOuest-Université de Rennes 1) du centre Inra Bretagne Normandie. Elle coordonne le projet Investissement d’Avenir Rapsodyn, dont l’objectif est d’optimiser le rendement en huile chez le colza oléagineux d’hiver cultivé en conditions de bas intrants. Ce prix récompense ses travaux remarquables sur le développement des graines de crucifères, l’adaptation du colza aux stress environnementaux, et le développement d’outils de génomique chez cette espèce, au service de l’agriculture.
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Prix de la Fondation Limagrain

Ce prix annuel récompense des recherches réalisées en amélioration des plantes. Le lauréat, qui reçoit une somme de 1 525 euros, doit mentionner dans ses travaux la marque de cette distinction décernée conjointement par l’Académie d’agriculture de France et la Fondation d’entreprise Limagrain.

Généticienne moléculaire, Françoise Budar est directrice de recherche à l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra-AgroParistech) du centre Inra Ile-de-France Versailles-Grignon. Elle a conduit la caractérisation moléculaire du système de stérilité mâle cytoplasmique (Ogu-Inra), qui a permis le développement de variétés hybrides performantes de colza et de chou. Elle a récemment élargi ses recherches à d’autres aspects des interactions noyau-cytoplasme, prometteurs pour l’amélioration des plantes. Le prix distingue sa trajectoire scientifique exemplaire alliant recherche fondamentale et application, ainsi que son expertise au service de l’amélioration des plantes et de la production végétale.
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Médailles d’or

La médaille d’or reconnaît l’originalité et la qualité de l’ensemble d’une œuvre couronnant une carrière.

Ingénieur de recherche à l’unité mixte de recherche Ingénierie des agropolymères et technologies émergentes (Inra, Cirad, Montpellier SupAgro, Université Montpellier II) du centre Inra Occitanie-Montpellier jusqu’en 2015, Joël Abécassis est aujourd’hui chargé de mission pour l’Institut. Il est reconnu pour l’impact scientifique et industriel de quarante ans de recherches sur la qualité et les procédés de transformation des céréales, en particulier du blé dur, dont il est devenu un expert internationalement reconnu.
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Ingénieur général des ponts, eaux et forêts, Jean-Michel Carnus, du département scientifique Écologie des forêts, prairies et milieux aquatiques de l’Inra, travaille en recherche forestière sur le campus forêt-bois de Cestas Pierroton du centre Nouvelle-Aquitaine Bordeaux. Il est récompensé pour l’impact exceptionnel de son action : qualité scientifique des travaux conduits, et pertinence pour la filière forêt-bois. Cette médaille souligne également ses grandes capacités d’animation collective, son engagement européen et sa prise de responsabilité à l’international.

Robert Dantzer a dirigé l’unité de Neurobiologie intégrative du centre Nouvelle-Aquitaine-Bordeaux, qu’il a créée en 1990 (1). Aujourd’hui Professeur à l’Université du Texas au Centre anti-cancéreux MD Anderson à Houston, il est distingué pour son brillant parcours scientifique international de neurobiologiste des troubles comportementaux, porteur d’une approche fondamentale innovante aux applications originales en élevage comme en psychiatrie humaine. Ses travaux sur le bien-être animal, et sur le rôle de l'immunité dans les altérations du bien-être et la dépression humaine sont notamment reconnus.

Marc Voltz est directeur de recherche au Laboratoire d'étude des interactions sol - agrosystème – hydrosystème (Inra-IRD-Montpellier SupAgro) du centre Inra Occitanie-Montpellier. Cette médaille récompense l’originalité de ses recherches sur le fonctionnement hydrologique des sols cultivés à l’échelle des paysages. Elle témoigne également de la reconnaissance de ses travaux par la communauté scientifique et les professionnels.
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Médailles de vermeil

La médaille de vermeil récompense des collaborateurs techniques qui ont rendu, au cours de leur carrière, d’éminents services à des équipes de recherche, ou des responsables de travaux récents et encore peu connus, mais dont il apparaît déjà clairement qu’ils auront des conséquences importantes. Cette médaille peut également distinguer des auteurs d’ouvrages dont l’analyse a été faite par l’Académie et dont la qualité et l’originalité sont particulièrement remarquables.

Claude Bréchet a mené sa carrière au sein de l'unité mixte de recherche Écologie et écophysiologie forestière (Inra-Université de Lorraine) du Centre Inra Grand-Est Nancy. Retraité depuis le 1er Juin 2017, il est récompensé pour son implication dans le développement des techniques spectrométriques en IRMS (Spectrométrie de masse isotopique), et pour leur opérationnalité au service de la plateforme d’écologie de Nancy.

Médailles d’argent

La médaille d'argent distingue une excellente thèse, dont l'analyse a été faite par l'Académie.

Alix Allard a réalisé une thèse codirigée par l’unité mixte de recherche Amélioration génétique et adaptation des plantes méditerranéennes et tropicales (Inra-Cirad-Montpellier SupAgro) du centre Inra Occitanie-Montpellier, et l’Institut de recherche en horticulture et semences (Inra – AgroCampusOuest – Université Angers) du centre Pays de la Loire. Cette médaille récompense son étude du déterminisme génétique de deux caractères complexes liés à la floraison du pommier dans le contexte du changement climatique et de la réduction des pesticides.
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Lucie Michel a mené sa thèse (2) au sein de l’unité Agronomie (Inra-AgroParisTech) du centre Inra Ile-de-France-Versailles-Grignon. Soutenue en mai 2016, elle portait sur la valorisation des réseaux d’épidémiosurveillance des cultures. Ses travaux ont ainsi concouru à l'amélioration de l’élaboration du Bulletin de Santé du Végétal (BSV), outil permettant d'informer de l'état de santé des cultures (la septoriose du blé, le mildiou de la vigne, la cercosporiose du bananier et le charançon de la patate douce ont été étudiés). Un outil opérationnel sous la forme d'une application web a vu le jour et est utilisable par les services de l'état et instituts techniques afin de les aider à la rédaction des BSV.

Kevin Morel a soutenu en 2016 une thèse réalisée à l’unité mixte de recherche Sciences pour l'action et le développement : activités, produits, territoires (Inra-AgroParisTech) du centre Inra Ile-de-France-Versailles-Grignon. Ses travaux sur la viabilité de fermes maraîchères biologiques sur très petite surface, privilégiant des logiques écologiques, la diversification et les circuits courts, sont ainsi distingués.

Ophélie Sauzet a mené une thèse au sein de l’unité mixte de recherche Écologie fonctionnelle et écotoxicologie des agroécosystèmes (Inra-AgroParisTech) du centre Inra Ile-de-France-Versailles-Grignon. Elle est récompensée pour sa remarquable avancée dans la compréhension de l’effet de la mise en culture et des apports de matière organique sur les processus de transfert de matière dans les sols. Grâce à un couplage entre micromorphologie et analyse d'images, ses travaux de thèse ont permis de quantifier la part relative des processus de lessivage et de bioturbation dans des sols du bassin parisien ayant des histoires culturales différentes. Ils ont ainsi montré que l’activité humaine influence la pédogénèse sur des pas de temps plus courts et avec des intensités plus fortes qu’admis jusque-là.
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(1) Créée au sein du département de Physiologie animale, l’unité a ensuite intégré le département Alimentation humaine en 2002.

(2) Thèse réalisée en contrat Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche), co-encadrée Inra-Acta (Association de coordination technique agricole)

Bourses de recherche Jean et Marie-Louise Dufrenoy

Six jeunes chercheurs ont par ailleurs reçu une bourse de recherche Dufrenoy leur permettant de poursuivre ou de promouvoir leurs travaux de thèse. Ces bourses annuelles sont attribuées à de jeunes chercheurs préparant un doctorat ou à des techniciens inscrits dans des formations avancées de promotion de leurs recherches et poursuivant des travaux originaux. Les disciplines concernées sont prioritairement : la chimie biologique, la microbiologie, la phytopharmacie, la génétique, la phytotechnie, la zootechnie, la sylviculture, les sciences de la nutrition, la statistique et l’informatique, appliquées à tous les domaines agronomiques, y compris l’économie. Depuis 2014, le financement de ces bourses est assuré paritairement par le Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat.

Une bourse de 2 250 euros a été attribuée à Lucile Hervé, doctorante au sein de l’unité mixte de recherche Physiologie, environnement et génétique pour l'animal et les systèmes d'élevage (Inra – Agrocampus Ouest) du centre Inra Bretagne Normandie. Elle a participé au Congrès « ASAS-CSAS Annual Meeting and Trade Show », tenu à Baltimore (USA) du 8 au 12 juillet 2017. Elle a présenté les résultats de ses travaux consacrés à l’effet de la restriction alimentaire sur l’exfoliation des cellules épithéliales mammaires dans le lait chez la vache laitière, sous forme d’une communication orale dans une session consacrée à la biologie de la lactation. Ces résultats seront aussi prochainement soumis pour publication dans Journal of Dairy Science.

Noémie Vimont est doctorante dans l'équipe Adaptation du cerisier au changement climatique à l’unité mixte de recherche Biologie du fruit et pathologie (Inra-Université de Bordeaux) du centre Inra Nouvelle-Aquitaine-Bordeaux. Elle a reçu une bourse de 2 000 euros pour participer au Congrès sur le cerisier à Yamagata au Japon, The International Cherry Symposium 2017, tenu en juin 2017. Elle a pu y diffuser un protocole innovant qu’elle a développé à Bordeaux et à l’Université de Cambridge (Angleterre) dans le cadre de ses travaux de thèse : l’étude de la dynamique biochimique de la chromatine dans les bourgeons de cerisier au cours de leur dormance, protocole qui pourrait être facilement adapté à d’autres espèces. Elle a ainsi reçu le prix de la meilleure présentation orale.

Doctorante au sein de l’unité mixte de recherche Biologie et gestion des risques en agriculture (Inra, AgroparisTech) du centre Inra Ile-de-France Versailles-Grignon, Julie Gervais travaille sur le champignon pathogène Leptosphaeria maculans, responsable du phoma du collet des Crucifères. Elle a reçu une bourse de 1 700 euros pour présenter ses travaux lors du 29e Congrès international de génétique fongique à Asilomar (Californie, USA) en mars 2017, au cours duquel le prix du meilleur poster sur le thème « Agents pathogènes et interactions mutualistes » lui a été attribué.
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Également doctorant l’unité mixte de recherche Biologie et gestion des risques en agriculture (Inra, AgroparisTech) du centre Inra Ile-de-France Versailles-Grignon, Yohann Petit a reçu une bourse de 1 000 pour sa participation  pour participer au 29e Congrès international de génétique fongique à Asilomar (Californie, USA) de mars 2017. Ses travaux de thèse portent sur la caractérisation fonctionnelle de molécules impliquées dans le pouvoir pathogène du champignon Leptosphaeria maculans au cours de l’infection du colza, dans le but de mieux comprendre leur mode d’action.

Une bourse de 1 000 euros a été attribuée à Julien Meilhac, doctorant à l’unité de Recherche pluridisciplinaire prairies et plantes fourragères du centre Inra Nouvelle-Aquitaine-Poitiers, pour réaliser un stage d’un mois au Laboratoire d’écologie fonctionnelle et des communautés et au département des sciences de l’environnement de l’Université du Québec (Trois-Rivières, Canada). Ses travaux portent sur l’impact de la diversité génétique des communautés prairiales sur les fonctions de production et de régulation, et ses conséquences pour l’amélioration des plantes.

Clémence Panzuti est doctorante Cifre au sein de l’unité mixte de recherche Physiologie, environnement et génétique pour l'animal et les systèmes d'élevage (Inra – Agrocampus Ouest) du centre Inra Bretagne Normandie. Elle a participé au Congrès ADSA Annual Meeting qui s’est tenu à Pittsburgh (USA) du 25 au 28 Juin 2017. Elle a présenté les résultats de ses travaux consacrés à l’influence de la conduite alimentaire après un sevrage précoce sur la croissance et  le développement de la glande mammaire chez la chèvre, sous forme d’une communication orale dans une session consacrée à la biologie de la lactation. Ces résultats seront aussi prochainement soumis pour publication dans la revue Animal.