• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

Une femme de science récompensée par une bourse L’Oréal-Unesco à l’Inra Montpellier

Post-doctorante à l’Inra de Montpellier, Maria Razzauti vient de recevoir une bourse nationale L'Oréal-Unesco pour les Femmes et la science d’une hauteur de 20 000 euros. Un prix important pour l'encourager à poursuivre ses travaux sur les maladies infectieuses transmises à l’homme par les animaux sauvages.

Maria Razzauti, post-doctorante au Centre de biologie pour la gestion des populations (Inra – Cirad – IRD – Montpellier SupAgro), lauréate d'une bourse L'Oréal-Unesco Pour les femmes et la science en 2015. © Stéphane Cardinale
Par Julie Cheriguene
Mis à jour le 06/11/2015
Publié le 23/10/2015

Maria Razzauti, post-doctorante au Centre de biologie pour la gestion des populations (Inra – Cirad – IRD – Montpellier SupAgro) a été sélectionnée aux côtés de dix-neuf jeunes chercheuses en France.
Avec son projet de recherche « De l’animal à l’homme : les virus se régalent », elle travaille à utiliser la surveillance des agents pathogènes de la faune comme un moyen pour prédire, prévenir et contrôler les émergences de maladies humaines : « cette bourse est très importante car elle va me permettre de financer mon projet de recherche jusqu’en juin 2016, de couvrir le coût d’un ordinateur portable, et de participer à un workshop de deux semaines sur l’évolution moléculaire en République Tchèque ».

Prévenir le développement des épidémies d’aujourd’hui et de demain

Le post-doctorat de Maria Razzauti est financé par le programme de mobilité Agreenskills, dans le cadre du projet PATHO-ID porté par le métaprogramme Inra Méta-omiques des écosystèmes microbiens (MEM) : « mes travaux concernent la mise au point des méthodes innovantes qui permettent à moindre coût de suivre la circulation et l’évolution des virus qui affectent l’homme et sont portés par la faune sauvage ». Les rongeurs sont des réservoirs de nombreux agents pathogènes pour l’homme et le bétail, la plupart d'entre eux étant vectorisés par les tiques. Or, les maladies transmises par les tiques sont très diverses et mal connues.
Spécialisée en épidémiologie moléculaire, les travaux de Maria Razzauti dans le cadre de PATHO-ID, portent plus précisément sur :

  • la prévalence des virus en circulation chez les rongeurs et les tiques ;
  • leurs associations (négative ou positive) avec d'autres microorganismes ;
  • leur variation moléculaire liée à leur présence chez les rongeurs et/ou les tiques et à leur co-occurrence (ou pas) avec d'autres microorganismes.

Ainsi, ses travaux permettront entre autres de mieux caractériser les nouveaux virus portés par les rongeurs et les tiques, potentiellement impliqués dans les maladies humaines et animales, et d'éclairer les interactions possibles entre ces virus et d’autres micro-organismes : « les maladies infectieuses sont un problème majeur de santé publique puisqu’elles représentent encore la deuxième cause de mortalité et de morbidité dans le monde (environ 26 % de la mortalité globale selon l’Organisation mondiale de la santé), avec des niveaux différents selon les localisations géographiques et le niveau de développement. » À terme son protocole permettra de mettre en place des politiques de suivi sanitaire efficaces afin de prévenir les épidémies telles que celles observées ces dernières années dans les différentes parties du monde.

Maria Razzauti a le virus de la science

Qu’aimez-vous dans votre métier de chercheuse ?
« Le quotidien du chercheur est très varié et doit s’adapter au jour le jour aux résultats obtenus, à ses interprétations et aux connaissances apportées par la communauté de recherche internationale. On passe beaucoup de temps à réfléchir à un projet de recherche, l’acquisition des résultats peut être longue et se heurter à de nombreux petits obstacles avant d’aboutir. C’est cette démarche qui rend la science si passionnante. »

Pourquoi vous êtes-vous spécialisée en épidémiologie ?
« J’ai toujours eu envie de comprendre les processus biologiques. Les maladies infectieuses et les épidémies me passionnent particulièrement parce que leur étude nécessite d’intégrer différentes disciplines scientifiques, comme la microbiologie, l’écologie, la génétique des populations, ou encore l’évolution. »

Quel regard portez-vous sur « les femmes et la science » ? Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans une carrière scientifique, en particulier aux jeunes femmes ?
« La science est un métier très compétitif qui peut être parfois difficile à concilier avec une vie de femme. Mais cela est possible et c’est mon objectif ! Homme ou femme, il faut être passionné par la recherche pour réussir dans ce métier. C’est une carrière difficile mais très valorisante car nos découvertes peuvent améliorer la vie de tous.  Suivez votre passion, soyez patients et travaillez beaucoup ! »

Mini-cv

  • 34 ans, née à Barcelone (Espagne)
  • Master de Biologie, Université des Îles Baléares (Espagne)
  • Doctorat de Biologie, Université d’Helsinki (Finlande)
  • Post-doctorat au Centre de biologie pour la gestion des populations (Inra – Cirad – IRD – Montpellier SupAgro), Inra Montpellier
  • Hobbies : la nature, se balader dans la campagne, en montagne, observer les fonds marins

Les Bourses L’Oréal-Unesco : encourager les carrières des femmes scientifiques

Conçu pour récompenser les travaux d’excellentes scientifiques, mais aussi pour soutenir la carrière de jeunes chercheuses prometteuses, le programme L’Oréal-Unesco Pour les femmes et la science remet chaque année plus de 230 bourses de doctorat et de post-doctorat dans plus de 110 pays.

Les Bourses nationales
En France, la Fondation L’Oréal remet chaque année :

  • dix bourses d’un montant de 20 000 euros, destinées à des chercheuses post-doctorales travaillant dans un laboratoire ou un institut de recherche français ;
  • dix bourses d’un montant de 15 000 euros, destinées à des doctorantes inscrites en avant-dernière année de thèse dans une école doctorale française et dans un laboratoire de recherche en France.

Les Bourses internationales
Quinze jeunes chercheuses exceptionnelles sont identifiées chaque année parmi les bénéficiaires des 236 bourses locales à travers le monde. Ces talents prometteurs ont reçu une récompense supplémentaire, leur offrant ainsi une visibilité plus importante auprès de la communauté scientifique internationale.

Depuis 2007, en France, 140 femmes en doctorat et post-doctorat ont été distinguées pour l’excellence de leurs travaux de recherche. Les vingt chercheuses lauréates en 2015 rejoignent ainsi la communauté des 2 250 chercheuses récompensées à travers le monde depuis la création du programme international L’Oréal-Unesco « For Women in Science » crée en 1998.