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Biodiversité des villes et biodiversité des champs à l’honneur

Deux jeunes chercheuses à l’Inra reçoivent un prix de la Fondation pour la recherche sur la Biodiversité (FRB) pour leurs travaux novateurs sur la diversité du vivant, ancrés dans des enjeux de relations science/société. Cette récompense leur est remise lors d’une soirée célébrant les 10 ans de la FRB, à l’Orangerie de Bagatelle.

Remise des prix Jeunes Chercheurs par la Fondation pour la recherche sur la Biodiversité (FRB), 26 septembre 2018. © LASNE Geoffroy
Par Nicole Ladet
Mis à jour le 27/09/2018
Publié le 27/09/2018

Dans les champs cultivés comme dans les sols urbains, les activités humaines façonnent la biodiversité et influent sur les services qu’elle rend. Mieux comprendre ces mécanismes et leurs effets est au cœur des investigations de deux jeunes chercheuses Inra, chacune récompensée, le 26 septembre 2018, par l’un des 9 prix remis par la FRB.

Sophie Boulanger Joimel. © Inra
Sophie Boulanger Joimel © Inra
Aubergine, piment, tomate… « Nos résultats démontrent la nécessité de caractériser et de préserver la biodiversité des espèces sauvages » assure Stéphanie Arnoux qui a débuté sa thèse (1) fin 2015 au sein de l’unité de recherche « Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes » de l’Inra en PACA. « C’est en connaissant le potentiel des plantes sauvages que nous pouvons aujourd’hui faciliter la transition vers de meilleures conduites agricoles » explique-t-elle. Une conviction acquise en scrutant la biodiversité au sein des collections de ressources génétiques d’espèces cultivées et leurs apparentées, conservées dans l’unité. En étudiant les empreintes génétiques induites par la domestication, Stéphanie reconstruit l’histoire démographique des variétés. Ses travaux confirment l’érosion de la biodiversité chez les variétés cultivées, mais également une réduction de leur potentiel adaptatif. Mais ces connaissances permettront également d’améliorer l’adaptabilité des plantes face à des stress comme la sécheresse ou les maladies, ainsi que d’accroître les rendements et la qualité nutritive des fruits. Des innovations qui bénéficieront aux acteurs de l’agriculture.

Stéphanie Arnoux. © Inra
Stéphanie Arnoux © Inra
Pigeon, rat, platane… « Restreindre la biodiversité des villes à cette simple image, c’est oublier ses rôles indéniables sur la régulation du climat ou de l’eau dans un monde de plus en plus urbanisé. » plaide Sophie Boulanger-Joimel, chercheuse à l’unité mixte de recherche Inra-AgroParisTech Ecosys en Ile-de-France. « Parmi la biodiversité urbaine, il existe une biodiversité « cachée » sur laquelle je me penche plus spécialement : la biodiversité du sol ». Les organismes des sols représentent en effet un quart de la diversité taxonomique globale et sont à la base de nombreux services rendus tels que la fertilité des sols ou la régulation de l’eau. « J’ai choisi de mener mes investigations au sein des potagers urbains collectifs et des toits végétalisés qui sont des espaces en pleine expansion »… Sophie concentre ses recherches sur les collemboles, animaux de quelques millimètres peuplant les sols, utilisés comme indicateurs de la biodiversité urbaine. Elle compare la vie qui habite les sols des jardins urbains avec celle des sols forestiers, agricoles ou industriels : « je souhaite que mes recherches puissent permettre une meilleure prise en compte de la biodiversité des sols et de la manière dont nos activités humaines impactent la biodiversité ». Ses démarches pluridisciplinaires lui ont permis de s’impliquer dans un projet, SEMOIRS, cofinancé par l’Ademe, en collaboration notamment avec l’Agence régionale de la biodiversité (ARB-IAU) et le LSE (INRA, Université de Lorraine) pour évaluer la biodiversité des microfermes urbaines.

(1) Son projet de thèse est cofinancé par la région PACA et en lien étroit avec Gautier Semences.

les neuf prix « jeunes chercheurs » de la FRB

En favorisant des actions de recherche en lien avec les acteurs de la société, la FRB permet aux différentes structures d’utiliser les résultats issus de cette recherche pour l’action. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de valoriser de jeunes chercheurs s’investissant sur la biodiversité et les enjeux science-société associés. Ce prix s’adresse à des jeunes chercheurs en cours de thèse ou en post-doc (jusqu’à 5 ans au maximum après la soutenance de la thèse) dans une unité de recherche française publique ou privée.
Neuf thèmes, proposés par les membres du COS, récompensent neuf jeunes scientifiques : biodiversité et océans, biodiversité et espèces exotiques envahissantes, biodiversité et agriculture (utilisation des ressources génétiques végétales et agriculture durable), biodiversité face à la pollution plastique (tous les écosystèmes eau, terre, mer), biodiversité et Outre-mer, sauvegarde et conservation de la biodiversité, biodiversité urbaine, biodiversité urbaine : recyclage des friches, recherche associant biodiversité et enjeux de développement dans les pays du Sud.
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