• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Lauriers Inra 2014 © Christophe Maître

Lauriers 2014

La potion magique d’Aster-ix

Jean-Marie Trommenschlager en a accompagné des révolutions : la Verte, en tant qu’animalier de la station expérimentale puis l’Informatique, où il crée des outils d’interface entre techniciens et chercheurs. Il a joué un rôle central pour adapter le travail collectif à la révolution suivante : le Bio et l’expérimentation système.

Par Cécile Poulain
Mis à jour le 07/11/2014
Publié le 05/11/2014

L'homme ressource !

Il est très vite tombé dedans. S’attache à ce monstre qui débarque un matin de 82 sur la station expérimentale de Mirecourt. Il en délaisserait presque ses vaches et ses veaux qu’il chouchoute depuis son arrivé à l’Inra en 1976. « Un Micral ! Je l’ai encore allumé il n’y a pas longtemps » avoue Jean-Marie Trommenschlager, animalier de formation, dans un sourire. Jusqu’à le nourrir d’applications, de données et autres langages indigestes qu’il concocte lui-même. La révolution informatique, c’est lui qui l’accompagne au fin fond des Vosges dans l’exploitation agricole de l’Inra de 240 hectares et 250 bovins. Ce qu’il aime surtout, dans l’informatique, c’est la modernité dans ce qu’elle fait pour simplifier le travail. Il automatise en 88 la distribution et le contrôle individualisés des rations aux vaches. C’est un passionné. Un irréductible. Un acharné, qui, « quand il a quelque chose en tête ne lâche rien ».

L’accompagnateur de haute campagne

Pendant ce temps-là, sur l’exploitation pilote, on réfléchit en collectif. On s’interroge. Dehors c’est la révolution. La Verte. On l’a accompagné un temps, pour « produire plus ». Mais ici, près de Vittel fin des années 80, les nitrates, ça commence à « craindre ». On est trop dépendant des intrants. Alors on tente « une troisième voie », vers une agriculture plus extensive. En 2004, la station Inra passe en BIO et se scinde en deux vraies exploitations : l’une en « 100 % herbe » et l’autre en  polyculture-élevage, les deux en « autonomie complète ». Ces chercheurs pionniers imaginent l’ « expérimentation système », sorte de recherche qui se scrute, « pas à pas », analysant les impacts de chacune de leur pratique sur l’écosystème. Jean-Marie devient l’homme ressource, l’interface qui assume avec une grande qualité d’écoute et un soucis du collectif cette révolution. Proactif, il participe à l’élaboration du programme de recherche. Conçoit de nouvelles formes de protocoles expérimentaux. Redéfinit le rôle des agents en collaboration étroite avec l’ensemble des équipes. Plus qu’un appui, ce zootechnicien-informaticien est également co-auteur d’une vingtaine de publications scientifiques à comité de lecture –dont une en premier auteur.

Grâce à sa double casquette, il met en place des protocoles de collecte d’informations, et imagine Aster-ix, LA bd ! Cette base de données facilite la gestion de ces milliers de données qui transitent quotidiennement entre pâtures, vaches, techniciens et chercheurs. La base doit être capable de compiler des données d’une fiabilité maximale aussi variables que le carbone du sol de la parcelle 1, le nombre de carabes de la 3, la diversité de la pâture 4, la quantité d’herbes ingérée par la vache 5 et sa production laitière, les carburants consommés, les résultats économiques… Il initie ses collègues tant en interne qu’en externe à son usage. Outil central dans la dynamique de son unité, Aster-ix rayonne dans plusieurs réseaux de recherche nationaux. Les lauriers ? Même César te les décernerait Jean-Marix…

Jean-Marie Trommenschlager, Laurier d'appui à la recherche 2014, et son équipe. © Inra, Ch Maître
Jean-Marie Trommenschlager, Laurier d'appui à la recherche 2014, et son équipe. © Inra, Ch Maître

Et l'Inra ?

« Je me lève tous les matins avec toujours cette même envie!  J’aime être à l'interface entre le terrain et les chercheurs. Être autonome tout en ayant beaucoup d’interactions avec mes collègues. J'ai beaucoup apprécié la capacité que l’on nous a donné à évoluer, à changer de métier et de paradigme expérimental dans l'unité. J’aime me remettre en question, apprendre sans être figé dans une discipline. J’aime servir le collectif dans l'unité mais aussi plus largement dans l’Institut ».

Mini - CV

  • Marié, 2 enfants
  • 1976 : arrivée à l’unité expérimentale de Mirecourt en tant qu’animalier
  • 1986 : Bts agricole en productions animales
  • 1987 : technicien de la recherche
  • 1994 : assistant ingénieur, unité de recherche ASTER-Mirecourt

Prix

  • Laurier d'appui à la recherche de l'Inra 2014